Constellation_familiale           Je savais déjà un peu ce qu'était une constellation familiale. J'avais lu le bouquin de Bert Hellinger : Les fondements de l'amour dans le couple et la famille. Ce livre m'avait tant impressionné que j'en avais acheté huit pour les offrir à ma famille, mais cela n'avait provoqué aucun commentaire, pas le moindre changement, aucune ouverture dans les blocages familiaux ; si bien que quelques années plus tard, après avoir essayé d'autres techniques, comme la constellation individuelle, je me levais un jour à table, pour dire que je ne me sentais pas bien dans cette famille, que j'allais partir, et que tant rien ne changerait, je ne reviendrais pas. Trois ans passaient, sans que je ne revoie personne. Oh, il y avait bien eu quelques appels téléphoniques pour me demander de faire des excuses, puis de pardonner, mais je restais ferme. Or, la semaine passée, je recevais un mail de Natasha Brunher m'annonçant qu'elle organisait pour le samedi 30 janvier 2016, une constellation familiale chez elle, soit dans son grenier. 

DSCF3719Le grenier de Natasha

          J'écrivais tout de suite un mail à l'animateur, Partha, et lui présentais ma problématique familiale, de mon point de vue.

         Il me répondait en m'envoyant un questionnaire de deux pages à remplir par mail, ce que je faisais aussitôt. Il me rappelait deux jours plus tard pour préciser ce qui l'intéressait, et préparer ainsi la constellation de ma famille d'origine (fratrie, parents, grands parents, arrière grands parents, et même une tante). C'est le moment de signaler qu'on peut aussi faire la constellation de sa propre famille (épouse, enfants, petits enfants), mais également d'une entreprise, d'une équipe sportive, d'une administration, d'un atelier ou d'un service, etc. A la suite de cette conversation, il me donnait rendez-vous pour ce samedi 30 janvier 2016 à 13 h 30 à Fiac, dans le Tarn.

          J'arrivais 15 minutes avant l'heure. il y avait un peu de soleil en cette fin janvier, ce qui rendait le jardin agréable. Courtes présentations, discussions timides et songeuses, personne n'était bien rassuré quant à supporter les éventuels chocs émotionnels. Nous montions au grenier et nous installions en rond, comme vous le voyez sur le cliché ci-dessus. Partha donnait alors quelques explications sur le déroulement que vous allez voir, puis nous faisait exécuter une méditation bien menée pour nous apaiser. C'est "Jenny" qui passait la première, puis venait mon tour. Voici ce déroulement :

          - d'abord, le constellant choisit une personne qui va le représenter, puis, suivant les indications de Partha qui a déjà préparé la constellation, il choisit aussi parmi les observateurs, les membres de sa famille : son père, sa mère, son frère mort ou vivant, son oncle ou sa tante, son grand-père, etc. A ce stade, tout le monde est aligné selon l'ordre choisi par l'animateur.

          - Ensuite, c'est au constellant de positionner dans la salle, les personnes choisies pour le représenter, lui et sa famille. Et déjà, c'est étonnant. On "sait" où les mettre ! Il en résulte un paysage familial. Et là, on se dit m...., mon frère ne voit que moi ! Mon père est bien seul, etc. Les synapses sont déjà très sollicités ! A partir de là, vous sortez du jeu, et allez vous asseoir pour observer les réactions de votre famille.

          - Partha intervient. C'est un travail délicat. Il demande à chaque membre de votre famille, comment il se sent là où vous l'avez placé. Vous allez d'étonnement en étonnement. Il peut en effet y avoir de fortes émotions, des souffrances, des pleurs..., mais pas de rage. Au contraire, c'est réparateur, apaisant.

          Pour moi, c'était juste passionnant de voir évoluer ma famille, un véritable cadeau que je me faisais. Quand une personne ne se sentait pas bien là où je l'avais positionnée, Partha pouvait la tourner ou la diriger vers quelqu'un d'autre, la faire avancer, reculer, demander ce qu'elle ressentait là, essayer une autre configuration, ou même demander à mon « témoin » de trouver lui-même l'emplacement qui lui convenait le mieux ; ce qui souvent, provoquait des réactions défensives chez d'autres membres de ma famille. Il fallait encore faire bouger, exprimer... Il arrivait parfois, que repérant une situation bloquée, Partha demande aux personnes en conflit, de dire par exemple : "tu es mon père et moi je suis ton fils", puis de constater les émotions, les silences, les hésitations, les refus... Peu à peu, à force d'essais, se dessinait une autre configuration familiale acceptée de tous, et selon moi, tout à fait satisfaisante. J'avais vu le "jeu" familial avec une précision millimétrique, j'étais surpris de trouver des noeuds là où il ne me serait jamais venu à l'idée de les chercher !

          Nous terminions l'après-midi par une sorte de danse rythmée de huit minutes, puis par le symbole de la couronne –tous assis en rond, on joint les mains pouces à gauche, puis on les lève ensemble, pour créer une couronne d'amour–. C'était sympa.

          Là, c'est fini depuis moins de trois heures. Je ne sais pas si cela va changer quelque chose dans ma famille, mais en tous cas, j'ai trouvé ma constellation tout à fait pertinente, jouissive et libératrice. Je recommencerai pour ma propre famille, mais dans quelques mois, peut-être à l'automne prochain.

          On doit pouvoir s'isoler de la folie ambiante, pour se retrouver et vivre la joie et la vérité de son chemin ; car de mon point de vue, il y a autant de vérités que de chemins, et même peut-être, autant de vérités que de points de vues. C'est fou ! Mais depuis samedi, c'est ainsi que je vois la vie. J'ai fait ma constellation familiale, (famille d'origine), et représenté un frangin dans une autre constellation. Eh bien, TOUT DÉPEND D'OÙ ON REGARDE SA VIE !!! C'est absolument certain. On n'est pas le même ici... que là. Un changement de position... change tout ! C'est dingue, mais c'est ce que j'ai compris en 4 heures seulement.

         
         Le 15 février au matin, ma sœur m'appelait pour me dire que mon père malade était hospitalisé et qu'elle envisageait d'aller lui rendre visite dans la semaine. Elle me proposait dans la foulée, d'y aller ensemble avec leur voiture. Eh bien mon réflexe a été de refuser : malade ou pas, mort ou pas, cela ne change rien, tant que justice ne m'est pas rendue ! La conversation a duré 33 minutes, alors je ne vais pas tout vous raconter ; mais elle a été très rude, et m'a amené à considérer les membres de ma famille comme autant de boulets quand j'ai fait pour elle un bilan des trahisons ! A la fin, j'en étais à vouloir leur demande de m'oublier définitivement. Le problème, c'est qu'après avoir raccroché, j'ai continué à ruminer mes raisons, et que je 18 février, je sentait les prémices d'une grippe carabinée, dont je ne suis pas encore sorti le 25.