lecture

DEUXIÈME LECTURE

Mercredi 24 décembre 2014, 18 h 17

Il faut que je relise TROP INTELLIGENT POUR ÊTRE HEUREUX ? Je ne m'attendais pas à toute cette relance de ma pensée. Du coup, c'est très bien que J. n'ait pas rappelé. Je me le garde. Je lui ai tout de même téléphoné. Elle passera un de ces jours.

Bon, je ré-attaque, et tout de suite, je note que c'est vrai, que je suis insoumis, errant, émotif, ermite, solitaire, dans la lune, tant mon esprit est agité par plein d'idées qui s'y bousculent en même temps. C'est vrai, que j'ai du mal à sélectionner un concept et un seul pour le travailler, au point que je suis obligé de prendre des notes pour m'y retrouver. C'est vrai que ce que je communique de mes perceptions fait peur ou agace et m'isole. C'est vrai, que dans une conversation je suis très souvent obligé de me mettre en mode veille, de m'en retirer, et que cela me pénalise énormément. C'est vrai, que je suis souvent dérangé par des images sans rapport avec le sujet. C'est vrai que je suis incapable d'énoncer quoi que ce soit quand j'ai perdu l'émotion d'origine et que je n'arrive plus à revenir dedans ; et que par conséquent il est vital que je prenne des notes, au-moins les mots directeurs, car grâce à eux tout le contexte revient. Et d'ailleurs, c'est vrai que hors contexte, je ne comprends rien, et que du coup il m'arrive que mes réponse soient hors sujet. C'est vrai que « tout ça » demande beaucoup d'énergie et que c'est fatiguant. C'est vrai que quand un mot est mal utilisé j'ai du mal à suivre. C'est vrai que j'ai blessé des tas de gens à cause de l'émotion qui gérait ma communication. C'est vrai que pareillement, je suis vexable et boudeur. C'est vrai que mes explications sont trop longues, entrecoupées d'idées déconnectées du sujet et que cela me rend peu convaincant, tant les gens ont du mal à me suivre, d'où ma réputation d'intello. Oui, je me rends compte à présent, de tous ces inconvénients ; mais il doit bien y avoir quelques avantages. Continuons la lecture.

Jeudi 25 décembre, 100 % couvert, 13°C

D'abord, je remarque que depuis des millénaires, on abreuve les peuples de paroles éclairées qui ne servent à rien. Des tas de sages ont fait leurs choux gras avec des petites phrases percutantes qui n'ont jamais aidé qui que ce soit, plus longtemps que la durée qu'il a fallu pour les lire. Alors moi, conscient de cet écueil, je n'ai pas, je n'ai plus la prétention d'aider qui que ce soit, mais de faire le point pour m'aider à moi.

Vendredi 26 décembre 2014, 8 h 43, 7°C, nuageux à l'Est et au Sud

Mais je vais quand même créer un blog pour me confronter à l'opinion des autres. Cela peut m'être utile. En plus, cela m'obligera à trier mes idées, à les réorganiser. Allez, c'est pas mal comme tactique.

Et puis je suis obligé de noter ici, que ce monde n'a réussi qu'à me remplir de mépris et de colère contre lui. Alors, je compte sur ce blog, et peut-être sur des surdoués, pour progresser un peu et changer cette image négative de l'univers dans lequel je suis condamné à vivre.

Samedi 27 décembre 2014, 12 h 06, couvert et pluvieux, 10 °C

Je sais l'origine de ma rage, elle tombe, et du coup, je m'ennuie ! C'est fou, la place qu'occupait mon ancienne colère ! Il va falloir combler tout ça par de la créativité de haut niveau, pas par de la daube.

14 h 21

Maintenant que je ne suis plus obligé de subir le bruit de ma colère, je veux pouvoir me consacrer à l'écoute de la richesse du silence, car je me dis qu'elle est un masque, un cache, qu'elle est une des causes de l'ignorance.

16 h 00

Un des problèmes les plus graves de ce monde, c'est que quand on ne sait pas, on imagine, et que ce qu'on imagine est systématiquement faux. Rien ne communique correctement, ici ; et encore, quand ça communique … Je ne sais rien de ce que vit le clavier qui reçoit mes frappes rapides. Et les signes que je crée si abondamment, se plaisent-ils dans leur nouvelle vie ? Savent-ils quoi que ce soit du monde qui les entoure, eux qui ont pour mission d'informer ? Comment un monde qui ne donne aucune consigne claire, peut-il fonctionner en mode sans échec ? Prendre soin de ce clavier et de mon style d'écriture suffit-il ? Ont-ils besoin de satisfactions ou pas ? J'ai passé ma vie à me poser ce genre de question, et je n'ai jamais reçu la moindre réponse. En conséquence, je trouve ce monde ingrat de la patience qu'on a à vivre pour lui. Pas la moindre gratitude, alors qu'il est loin d'être parfait !

18 h 05

De mon appartement, j'ai vue plongeante sur l'hôpital Pinel pour malades mentaux. La psychiatrie a usé jusqu'à la corde, mon cousin qui est mort à l'âge de 39 ans. Chaque jour, je vois des tranches de vies rongées de malheur impuissant. La société dans laquelle je suis condamné à vivre, abîme des tas de gens, puis paie des fortunes pour les conserver en vie … malades, comme s'il s'agissait d'une vengeance exposée aux yeux de tous.

Je veux comprendre le mécanisme qui fabrique tout ce malheur. On a effectivement l'habitude de dire qu'il s'agit d'une sorte de punition, qu'il faut que toute faute soit payée. Mais qui peut juger s'il s'agit d'une faute ou d'une erreur ? Qui ? Ne naît-on pas tous ignorants ? De quelle formation sûre les juges peuvent-ils se prévaloir ? Le catéchisme ? La morale républicaine ? Leurs cours de droit ? Pourtant, J'ai toujours su avoir en moi, une étique de loin supérieure à n'importe quelle leçon qu'on a pu me donner. Cela n'empêche pas les dictateurs moralistes de tous crins, de nous fourguer leurs menaces d'avoir à revivre les fautes des anciens qu'on n'a même pas connus, ou de renaître pour vivre nos propres fautes … après les avoir oubliées ! Comment des civilisations entières, ont-elles pu se laisser influencer par des postulats aussi idiots ? Et ma liberté, où est-elle, là-dedans ? Si dans un autre espace, je veux être la goulée d'air du rhinocéros qui en avale beaucoup d'un coup pour attaquer le lion et ainsi protéger sa famille ? N'ai-je pas le droit d'être cette énergie d'un instant féroce ?

En tous cas, moi je refuse d'avoir à m'excuser de quoi que ce soit. Je refuse de demander pardon. Je refuse l'idée qu'il faille réparer mes erreurs ; car j'estime que c'est le monde dans lequel je vis, qui est défaillant ; et que c'est lui qui me doit des excuses, pour n'avoir pas su, pu ou voulu me fournir le cadre idéal et la formation adéquate qui m'auraient permis de m'épanouir, et ainsi d'enrichir le monde. Faudrait pas me pousser beaucoup pour écrire et crier à l'encan, qu'il y a ailleurs, des univers bien mieux qu'ici !

On m'oppose l'idée que pour écrire ce blog, il faut avoir eu maintes difficultés, que ce sont elles qui m'ont formé ! Impressionnant ! Sauf qu'une formation saine, aboutirait à des résultats autrement plus utiles, subtils et plaisants.

20 h 30

Tout à l'heure, en pensant à mes filles, je me voyais en train de leur dire :

    • Allez en confiance dans la Vie, et faites-y ce que vous voulez. Vous pouvez tenter tout ce qui vous plaît, car ce monde est creux. Il n'a rien à dire, il est vide. Il ne vit que parce que vous et des tas d'autres formes de vie l'habitent, mais lui, il n'est rien. Il n'est pas la vie, puisqu'il n'est pas capable de faire communiquer entre-elles, les différents destins qui l'habitent. La vie c'est nous ; alors que lui, c'est juste le prédateur. Alors foncez. Vos erreurs ne sont qu'une forme d'apprentissage. Rappelez-vous que ce qu'on appelle Dieu n'a aucune réponse à vos questions. La Vie c'est vous, car c'est vous qui prenez le risque de vivre dans ce monde, pas Lui.

Ce matin, j'ai oublié de noter : RÊVE

Vall_e_en_verte_en_VC'est l'aube. Je suis en haut d'une montagne. Autour de moi une crête discontinue, qui fait quand même comme un cirque. Devant, un chemin de graviers blancs, assez large, qui descend à la vallée. A ma gauche la montagne, et à ma droite le vide. Je me penche et vois une magnifique prairie, d'un très beau vert tendre, qui remonte, -là je me penche un peu plus-, jusqu'à la falaise qui porte mon chemin. Pff, j'estime à l’œil, la plongée verticale à au-moins cent mètres. Il n'y a aucun animal qui y broute. Elle est en V profond. En bas, un torrent argenté l'illumine. De l'autre côté, son beau vert éclaire le paysage jusqu'aux rochers peuplés de mousses et lichens assez sombres. J'ai le vertige ! Sauf que ma petite voix, me dit :

  • Saute !

  • Eh, mais je n'ai pas envie de me fracasser !

  • Saute !

Alors je saute !!! et ô miracle, je vole ! C'est beau. Qui de mes amis ou de ma famille peut voir ce paysage comme moi ? Je suis un aigle au vol lent, scrutateur et patient.

Dimanche 28 décembre, 5 h 09, RÊVE

De l'autre côté de la vallée rêvée hier, le soir, au coucher du soleil, « on » nous propose d'aller voir une curiosité de la nature. Je proteste, disant que c'est trop tard, qu'on n'aura pas le temps ; mais c'est à prendre ou à laisser. Le petit groupe s'ébranle. Les rochers du cirque s'illuminent de magnifiques ocres et orangés. De ce côté l'herbe est sèche et rase. Il n'y a toujours pas d'animaux en vue. Au bout d'une minute ou deux, on arrive devant un V de poteries bleu pastel (symbole de la richesse), posées par trois, et formant un sentier vivant (elles bougent), large de vingt à vingt-cinq centimètres et aux bords très réguliers, comme tracés au cordeau ! On nous dit que ces poteries ont poussé là, et que c'est un phénomène naturel, qu'il ne faut pas y marcher dessus, parce qu'elles n'aimeraient pas ça ! Pourtant, peu après, on se regroupe dans une grotte où on peut en acheter (bizarre, puisqu'il ne faut pas y toucher). J'en choisis deux ; et à la seconde, un des deux vendeurs lance un regard à l'autre, lequel lui répond : - « laisse. Là il en a pris pour 800 € ». Pff, cela fait cher, un infini de néant. Je la repose. D'ailleurs, elle ne me plaisait pas vraiment. Je la trouvais boursouflée.

On m'emballe précautionneusement la première : d'abord du scotch transparent bien tiré, pour l'empêcher de vibrer au moindre choc et de se briser. Ensuite un sac à bulles pour la protéger, et enfin un sac plastique à deux anses pour la transporter. J'imagine déjà, qu'arrivé chez moi, je vais trouver le moyen de l'illuminer de l'intérieur, mais je ne sais pas si c'est possible ni si c'est ce qu'il lui faut.

Bref, en conclusion des deux rêves, j'ai débarqué dans un beau paysage avec un projet de vie plaisant, et je me retrouve lors d'une très belle fin d'après-midi (faut pas que je me fasse peur), avec une jolie poterie magique, associée à la richesse, mais bâillonnée pour l'empêcher de vibrer, protégée, aveuglée, et que je ne sais même pas utiliser...

16 h 30, 100 % couvert, 5°C

Je suis allé au ciné pour voir « Le Hobbit, la bataille des cinq armées ». Comme d'habitude, ce genre de film me met mal à l'aise et me rend méfiant. J'ai eu envie de partir avant la fin, car de quoi nous parle-t-on ? C'est l'histoire d'une guerre totale, atroce, dans un monde encore plus sombre que le nôtre, et pour des motifs ridicules : un tas d'or ! L'art des meilleurs guerriers y est sublimé. Naturellement, à la fin, il y a la scène d'amour qui répare tout, un peu comme une promesse rassurante. Il y a aussi le décor bucolique, où se prépare une amitié. La folie du pillage est quand même là, jusqu'au bout, quand le Hobbit revient chez lui au moment de la vente aux enchères de ses meubles, au motif qu'il est absent depuis treize mois. Naturellement on finit sur une note d'espoir, puisque Gandalf toque à sa porte, tenant ainsi sa promesse d'éternelle amitié. Mal, bien, mal, bien, l'alternance est respectée !

Ce soir j'ai appelé J. pour la motiver à acheter le livre.

Lundi 29 décembre 2014, 9 h 21, soleil, 5°C

Je continue tout doucement la lecture de « TROP INTELLIGENT POUR ÊTRE HEUREUX ? J'en suis à la page 180. Évidemment, je perçois plus de choses qu'à la première lecture. Je peux quand même écrire que mon impression de départ était la bonne, même si je l'avais lu à toute vitesse pour que J. en bénéficie au plus vite. Je reste sur la même idée : me faire diagnostiquer, sachant que j'y gagnerai, quel que soit le résultat.

10 h 26, 17 °C au soleil

Cette nuit, c'est le dialogue intérieur, celui qui ne raconte que des conneries, qui a dominé. Je n'ai pas pu garder un seul rêve ; mais attention ! Le 7 janvier n'est plus loin. Je vais pouvoir m'en débarrasser.

10 h 59, 23 °C

Par le passé, on m'a accusé d'être cyclothymique. Ensuite, j'ai cru que j'avais des TOC, que j'étais toc toc, complètement toqué, quoi ! J'ai essayés quelques psys. J'ai écrit des livres pour me libérer. Boon, grâce à celui-ci, j'ai quelques explications, mais cela ne me rassure pas pour autant, ce monde est si prédateur, si agressif, si inconséquent !!! Je suis d'ailleurs persuadé, comme le jeune surdoué pris en exemple, que l'humanité se détruira dès qu'elle en aura les moyens. Pas grave. Il y a d'autres univers plus raffinés. Vite ! Je veux les visiter … mais il faudra me montrer patte blanche, OK ?

11 h 26, 24°C !

J'ai aussi été super-actif ; alors que maintenant, je passe beaucoup de temps à essayer d'entrer dans la connaissance du vide, dont on dit qu'il est gardien de la vraie richesse. Bref, je voudrais bien être un explorateur de l'énergie qui fait vivre les mondes, alors que je ne sais toujours rien de ce qu'est la vie !

12 h 58, 34 °C au soleil de ma fenêtre !

Je me suis souvent senti con, humilié, incompris … et toute cette gabegie sous le casque, stupide, perpétuelle, exigeante et violente, que je tentais parfois d'arrêter en me donnant des coups de poings sur la tête. J'ai beaucoup de cheveux. Cela ne se voit pas, mais je sens les croûtes, en passant la main.

13 h 50, 10 °C. Normal, mon thermomètre est maintenant à l'ombre.

Il y a parfois des pensées parlées qui viennent, comme çà, là, dans ma bouche, sans émotion, sans lien avec mes tripes, et encore moins avec mon cœur. Ce sont les plus débiles. Elles m'ont souvent fâché, tant je me suis senti humilié d'en être l'objet. C'est comme une occupation de mon territoire spirituel, par des slogans, des ordres, des sentences, des mots inutiles, toute une faune bête au possible et d'une arrogance sans limite. Elles m'ont fait perdre mon temps et ma patience. Je leur ai crié dessus, elles m'ont énervé, mais maintenant je m'en fous. Elles sont issues d'anciens stress connus, évacués depuis longtemps, tels que :

  • Je dois quitter ma femme ou ce travail,

  • Je dois arrêter de fumer

Ces anciens buts, importants, certes, sont évacués depuis longtemps, et ils reviennent quand même !

D'autres sont d'origines inconnues, ridicules et dénués de sens.

C'est, entre autres médiocrités, ce qui me permet d'écrire que ce monde a un pet au casque. Son logiciel déconne.

16 h 06, 4 °C

Par rapport aux coupures de ma pensée : il m'arrive de me lever de ma table de travail pour aller à la cuisine, qui est à cinq mètres en comptant large, et une fois sur place, d'être étonné de ne pas savoir ce que je suis venu y faire. C'est casse-pieds. A chaque fois, c'est parce que j'ai pensé à autre chose. Vous croyez que cet « autre chose » est important ? Que nenni, puisque j'oublie aussi, ce qui a causé mon oubli !!! Heureusement qu'en attendant quatre ou cinq secondes, ma mémoire revient.

19 h 11, 3 °C

J'ai souvent l'impression d'être « faux » dans mes réactions publiques. Elles sont construites, pas naturelles du tout, et du coup, gênantes, quand j'y pense. Cela m'inquiète, car je n'arrive pas à corriger cette attitude. Or, je me souviens qu'il n'en a pas toujours été ainsi, que cela a été une décision pour éviter d'être moqué, que j'ai juste imité d'autres gens.

22 h 15

Je viens de finir ma seconde lecture de TROP INTELLIGENT POUR ÊTRE HEUREUX ? Je pense que ce livre améliorera pas mal de choses dans mes perceptions de la vie, et dans l'interprétation que j'en ferai. Déjà, j'ai remarqué que ces deux lectures ont modifié ma façon de penser. Je n'ai plus ces grandes colères, ces rages incontrôlables, qui me prenaient sans savoir pourquoi, et me mettaient hors d'état de réussir quoi que ce soit pendant des heures. Quant à mes raisonnements rageurs, je compte sur ma consultation de Olivier Girard, le 7 janvier, pour m'en débarrasser. C'est urgent, tant ils sont encombrants. Restent des énervements, comme celui de l'installation de l'imprimante. Là, je pense qu'il n'y a pas de remède particulier, que c'est à moi de maîtriser.